Parfait équilibre entre abstraction et figuration.
L’artiste peintre Eléa Grâce offre une peinture vibrante où la couleur se fait lumière.
Rencontre avec une artiste dont les toiles traduisent avec sensibilité la résonance intime du monde.
Eléa Grâce appartient à ces peintres dont l’œuvre ne cherche pas à séduire bruyamment mais à s’installer, lentement, dans le regard. À la croisée du réel et de l’abstraction, son travail déploie un langage pictural personnel, où l’on reconnaît une fidélité au monde visible autant qu’un désir constant de s’en affranchir. Chaque toile devient un espace d’exploration, une tentative de traduire en couleurs et en rythmes ce qui, d’ordinaire, échappe aux mots.
Son parcours s’est construit dans le dialogue avec les grands coloristes du XXᵉ siècle — de Nicolas de Staël à Giorgio Morandi, en passant par Janice Biala, Albert Marquet ou Juan Gris — dont elle prolonge, à sa manière, l’attention à la lumière et à la structure. Mais loin de toute citation, elle affirme aujourd’hui une écriture autonome, fondée sur la densité de la matière, la précision des accords chromatiques et une construction presque musicale de l’espace.
Paysages traversés, intérieurs silencieux, objets familiers : ses motifs sont ancrés dans l’expérience quotidienne, puis transformés par le travail patient de la couleur et des volumes. La surface vibre, les plans se répondent, la lumière circule.
Elle nous reçoit dans son atelier au cœur du 9eme arrondissement à Paris. Rencontre avec une artiste française dont la peinture, à la fois exigeante et habitée, trace un chemin singulier dans le paysage contemporain.
Comment décririez-vous votre univers pictural en quelques mots ?
Plus je travaille et plus mon univers pictural s’affirme et se distingue par sa singularité, ce qui m’encourage à suivre encore plus mon chemin artistique personnel .
Je dirais que c’est un travail figuratif contemporain à la limite de l’abstraction. C’est, à chaque toile, une création nouvelle, unique et inattendue, à partir d’une réalité concrète mais interprétée, de ce que je vois et ce que je ressens, de formes et de couleurs composées en une harmonie qui me touche.
J’ai beaucoup observé et travaillé les peintres que j’aime et qui m’ont inspiré le long de mes années artistiques, Nicolas de Staël, Janice Biala, Marc Chagall, Albert Marquet, Emil Nolde, Juan Gris, Giorgio Morandi, Vanessa Bell etc….
Que se passe-t-il au tout début d’une toile : une image, une couleur, une émotion ?
Avant de s’attaquer à la toile blanche et de la dompter il y a l’émotion.
Je cherche à retrouver et inscrire dans la durée, la vivacité et la présence au monde ressentie devant un paysage, un concert, une exposition.
Ensuite je choisis l’harmonie colorée qui va le mieux s’y retrouver (chaude, froide, douce, violente et contrastée, mystérieuse, proche des pigments minéraux, ou de la terre, de l’eau etc…).
Quelle place occupe l’intime dans votre travail ? Peignez-vous ce que vous vivez ?
Que ce soit dans une grande toile ou une petite gouache, je cherche la lumière comme douceur colorée sur mon âme.
Je ressens la chaleur de la terre, la vivacité de l’eau, les vibrations sont au cœur de mon travail.
Comment travaillez-vous la matière et la lumière pour faire naître vos paysages intérieurs ?
A partir de la lumière et des volumes qui se posent sur un paysage, un intérieur ou une étagère, je cherche le rythme et l’harmonie colorée dans un cheminement à la limite de l’abstraction.
Je pose la matière de la peinture à l’huile en pâte couvrante pour garder la pureté des pigments après avoir cherché mes propres mélanges. Les tableaux sont construits comme une partition de musique : rythme lent, piqués, arabesques, silences etc…
Tout ceci donne de la vibration sur la rétine et rejoint l’intime de celui qui regarde.
Que cherchez-vous à provoquer chez celui qui regarde vos œuvres ?
Je cherche à exprimer ce que je vois dans mon fort intérieur et à le retranscrire avec mes mots picturaux, c’est-à-dire des brosses et de la peinture.
Je me dit que certains ont peut-être un ressenti proche du mien et qu’un de mes tableaux les fera vibrer si j’ai réussi mon œuvre.
Et sinon ma façon d’exister au monde peut se manifester de cette manière là, chacun l’exprime de manière singulière, ce qui nous met en présence les uns aux autres.
Sur quoi travaillez-vous actuellement, et vers quels horizons artistiques vous projetez-vous ?
Mon travail est très intuitif et dépend de ce que je vis au jour le jour, ce que je vois, ce que je ressens, à Paris ou ailleurs, dans le sud-ouest de la France, et bien sûr dans les chemins de traverse !
Il se construit très méthodiquement et avec sensibilité, dans le temps présent.
Je projette mes expositions en fonction des rencontres et de l’histoire à y raconter.
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